Thema explore l'héritage expressionniste à l'occasion de la grande exposition consacrée à ce courant par la Cinémathèque Française et en association avec celle-ci.

Le film de Stan Neumann Expressionnisme allemand se donne pour cadre les préparatifs de la grande exposition nazie « L'art dégénéré » qui fut paradoxalement le plus grand rassemblement d'oeuvres expressionnistes de tous les temps.

Tout comme Guillaume II, les nazis ont considéré l'expressionnisme comme «l'art dangereux» par excellence. Ce documentaire est un récit historique et chronologique composé de quatre périodes : le moment anti-naturalisme, la phase obsédée par le sexe et la folie, la période de la guerre 14-18 et enfin la phase « art officiel » de la Révolution de Novembre.

Retour sur une Allemagne d'avant 1933 dont ces oeuvres portent la marque subversive.




Autoportrait E. Schiele (Revue Die Aktion)


K Schmidt-Rottluff (Revue Die Aktion)



22.15 : Expressionnisme allemand

Documentaire de Stan Neumann

Coproduction ARTE France, MK2 TV

2006 - 60 min

L'expressionnisme allemand. Pour la plupart d'entre nous le mot évoque le cinéma muet, une poignée de films réalisés entre 1920 et 1924 : Le Cabinet du Docteur Caligari, Mabuse le Joueur, Le Golem, Le Cabinet des Figures de Cire. Des titres mythiques, des films singuliers, des décors bizarres, des ambiances ténébreuses enveloppant des histoires toutes aussi sombres de meurtres, de coups de folie, de destins tragiques.

Ces films sont l'arbre qui cache la forêt. L'expressionnisme est un mouvement qui de 1905 à 1924, a occupé à lui seul le terrain de l'art moderne en Allemagne et en Autriche. Un mouvement sans structure ni programme, sinon celui d'en découdre avec les conventions de l'art officiel et de la société bourgeoise. Une révolte. Des peintres et des poètes en lutte. Même pour les plus timorés d'entre eux, l'art était une arme, un moyen d'agir, de créer « l'homme nouveau », de libérer la société des carcans dans lesquels elle étouffait. Pratiquement tous les peintres et tous les poètes importants de cette période ont eu leur « moment » expressionniste : Grosz, Dix, Beckmann, Kokoschka, Schiele, Nolde, Marc, Kirchner, Kandinsky.Tous des ?activistes?, tous engagés dans l'histoire de leur temps.

Leur révolte passe d'abord par un travail sur la forme : rompant avec la tradition de l'art occidental ils ne veulent plus donner une représentation fidèle du réel (naturalisme). Ils rejettent la ressemblance pour affirmer la diffèrence de leur ?moi?, de la singularité de leur vision intérieure. La ressemblance conforte dans le sentiment d'appartenance, d'identité collective. La différence, qu'elle soit formelle ou autre, dérange l'ordre établi. C'est l'histoire de cette révolte que Stan Neumann a choisi de raconter. Elle passe par des oeuvres dont certaines ont marqué l'art du vingtième  siècle. Mais d'une certaine manière, peu importe. L'histoire de l'art compte ici moins que l'histoire tout court dont ces oeuvres sont les jalons. Fragments d'un récit, des signes et des témoignages d'une époque, la dernière sans doute, où les artistes croyaient encore qu'ils avaient le pouvoir de changer le monde.






23.15 : Le testament du Docteur Mabuse

Film fantastique de Fritz Lang
France 1933 - 97 min

Interné comme fou, Mabuse hypnotise le directeur de l'asile et organise, grâce à lui, une bande qui commet divers crimes. Un détective, après plusieurs péripéties, découvre la machination. Mabuse meurt, le directeur continue ses méfaits, est démasqué et devient fou.

Fritz Lang a d'abord réalisé, en 1932, la version allemande de son film, sous le titre «Das Testament des Dr. Mabuse». Le 24 mars 1933, Goebbels interdit le film avant même de l'avoir vu, trouvant que la présence d'un Führer lui apparaissait nécessaire à la fin de l'histoire pour vaincre le Dr. Mabuse et sauver le monde. Le film fut pendant des années considéré comme perdu. Mais lors de sa fuite d'Allemagne, Lang réussit à passer en contrebande une copie de la version française.



Catalogue de l’exposition

Le cinéma expresionniste allemand
Splendeurs d’une collection

Coédition Cinémathèque française
Éditions de La Martinière.

Ce livre explore les coulisses d’un mouvement fondateur du cinéma, sans lequel ni le film noir ni le film fantastique n’auraient eu tout à fait le même visage (avec des textes de Lotte Eisner, Werner Herzog, Bernard Eisenschitz, David Robinson, Thomas Elsaesser, Marianne de Fleury et Laurent Mannoni).

Coédition Cinémathèque française
Éditions de La Martinière.

220 x 280 mm, 240 pages.
39 €
Parution : 19 octobre 2006