MESSAGE DE JAFAR PANAHI
à l'occasion de
UNE JOURNÉE À TÉHÉRAN
à la Cinémathèque française
DIMANCHE 13 JUIN 2010
Chers amis,
Lorsqu'un cinéaste va en prison, c'est en général pour réaliser un documentaire, ou faire ses repérages pour le besoin d'un film... Dans mon cas, comme vous le savez, c'était différent. Puisque j'étais en train de réaliser un film dans ma propre maison !
Bien qu'être incarcéré n'est pas la meilleure des expériences, et je ne la souhaite à aucun cinéaste, j'en tire des leçons fécondes et précieuses.
En tant que réalisateur indépendant et engagé, j'ai vu avec ma propre perception des réalités que je n'aurai jamais pu voir dehors.
J'ai à cœur de profiter de mes premiers jours de liberté pour remercier mes compatriotes, et aussi la société internationale des cinéastes pour leur inestimable soutien. Je ne trouve pas le mot juste, ce mot précis qui pourrait décrire à la fois mes sentiments profonds et mes remerciements pluriels vis-à-vis de cet immense soutien.
Je suis convaincu que les personnes qui m'ont soutenu, aussi bien en Iran que sur la scène internationale, ont cru à la liberté d'expression en elle-même et à celle du septième art. Il faudrait espérer que les chefs d'Etat en arrivent à partager cette croyance-là.
Dans l'espoir que ce jour arrive...
Jafar Panahi - Téhéran, le 11 juin 2010

