Avant-première des "Herbes folles" d'Alain Resnais

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Lundi 2 novembre avait lieu l'avant-première du nouveau film d'Alain Resnais, Les Herbes folles. En présence d'un public très nombreux, cinéphiles, abonnés de la Cinémathèque, cinéastes et personnalités. Et bien sûr d'Alain Resnais, Sabine Azéma, André Dussollier, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Edouard Baer, de Jean-Louis Livi, le producteur du film (F comme Film), Julie Salvador, la productrice exécutive, d'Eric Gautier, le directeur de la photographie, Jacques Saulnier, le décorateur, Sylvette Baudrot, la scripte, et de nombreux acteurs et techniciens du film. Tous étaient présents sur la scène de la salle Henri Langlois pour entourer Alain Resnais.

Olivier Courson, Président du directoire de Studio Canal, et Jean-Paul Huchon, Président de la Région Île-de-France, prirent tour à tour la parole, l'un et l'autre impliqués dans la distribution et le financement des Herbes folles.

Absent de Paris, Costa-Gavras, le président de la Cinémathèque avait transmis un message, lu par Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque :

"Cher Alain,

Je suis désolé de ne pas pouvoir vous accueillir ce soir à la Cinémathèque. Je voulais vous dire de vive voix et en public ce que je n'ai jamais osé vous dire en privé. Mon admiration pour votre œuvre, pour votre talent et intelligence de ne jamais vous répéter, et faire comme nous disons, nous cinéastes, en rêvant : autre chose autrement.

Vous réussissez cet idéal, cette utopie je dirais, avec chacun de vos films. Vous êtes un exemple pour les jeunes cinéastes, pour les moins jeunes aussi.

Bienvenue à la Cinémathèque française et à très bientôt.

Costa-Gavras"

Serge Toubiana prit ensuite la parole pour saluer la présence d'Alain Resnais à la Cinémathèque.

"Je ne vais rien dévoiler du film que vous allez découvrir ce soir, et qui sort en salles mercredi 4 novembre. Il est adapté d'un roman de Christian Gailly, L'Incident, paru aux éditions de Minuit. Il a obtenu lors du dernier Festival de Cannes le Prix exceptionnel du Jury.

Je vais seulement dire que c'est un film d'une très grande liberté, où l'inconscient, le désir et le hasard jouent à cache-cache, un jeu auquel les personnages se donnent à cœur joie en suivant leurs pulsions totalement déraisonnables.

C'est l'œuvre d'un cinéaste qui a toujours su garder en lui une incroyable et indéfectible part d'enfance, ou plutôt, qui réserve à l'enfance c'est-à-dire à l'imagination la part essentielle qui est la sienne au cinéma.

Ces Herbes folles désignent métaphoriquement tout ce qui pousse à côté, entre les pierres, sur les murs ou l'asphalte, et auquel on ne prête guère attention.

C'est tout le mérite de ce film, de laisser pousser dans nos esprits et dans notre regard ces Herbes folles.

Je ne vais pas vous présenter Alain Resnais ce soir, ce serait assez cuistre de ma part.

J'aimerais toutefois dire combien je l'admire, et combien j'apprécie son extrême politesse, sa courtoisie et son humilité. Il est un immense cinéaste dont l'influence est énorme, parfois souterraine comme ces Herbes folles.

Il nous fait la joie d'être présent ce soir, accompagné et entouré de ses actrices et acteurs.

Les plus fidèles d'entre eux comme Sabine Azéma et André Dussollier.

Et les nouveaux venus dans sa troupe : Emmanuelle Devos, Anne Consigny et Edouard Baer.

Et tous les autres comédiens du film qui nous rejoignent sur scène.

Ainsi que l'équipe technique. Et Jean-Louis Livi, le producteur de F comme Film ; Julie Salvador, la productrice exécutive ; Christophe Jeauffroy, premier assistant ; Eric Gautier, directeur de la photographie ; Jacques Saulnier, décorateur ; Sylvette Baudrot, scripte ; Hervé De Luze, monteur."

Alain Resnais évoqua les débuts de la Cinémathèque en 1936, quand, jeune spectateur, il fréquentait l'unique séance hebdomadaire proposée par Henri Langlois et ses amis Jean Mitry et Georges Franju. C'était le début d'une grande aventure, les spectateurs étaient peu nombreux, puis de plus en plus nombreux, le titre du film n'était pas toujours connu à l'avance. "Je suis un enfant de la Cinémathèque" dit-il avec émotion et sympathie. Toute la salle, debout, lui réserva un accueil chaleureux.