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The Cold Blue

The Cold Blue

Erik Nelson
Etats-Unis / 2018 / 72 min

En 1944, William Wyler filme les bombardiers américains pour son film The Memphis Belle. C'est à partir de ces images en Technicolor qu'Erik Nelson compose un nouveau montage auquel s'ajoutent les témoignages de pilotes survivants.


En 1943, William Wyler tournait pour le ministère de la Guerre américain un documentaire de 43 minutes, The Memphis Belle, sur le rôle d’un B-17 de l’armée de l’air dans la lutte contre l’Allemagne nazie. Wyler et son équipe ont embarqué plusieurs fois à bord de ce bombardier et d’autres pour créer l’illusion d’une seule mission du Memphis Belle. Ils ont aussi filmé la base terrestre britannique et une étape de la tournée triomphale du B-17 de retour au pays. L’équipe d’opérateurs comportait principalement William W. Skall, chef opérateur en 1936 du premier film musical en Technicolor trichrome, Le Danseur pirate, et William H. Clothier, futur collaborateur de John Ford. Ils ont tourné sur Kodachrome, une pellicule 16 mm couleur inversible surtout utilisée par le cinéma amateur, en vue d’un gonflage en 35 mm Technicolor. Servi par la rigueur des cadrages et du montage et par un didactisme implacable, le film a joui d’un retentissement exceptionnel. En 2018, le documentariste Erik Nelson a puisé dans la quinzaine d’heures tournées par Wyler pour les associer dans The Cold Blue aux témoignages de neuf survivants de l’armée de l’air et à leurs réflexions sur la bravoure et la conscience de la mort. Au début de ce film en 16/9, Nelson montre la pellicule originale dans son intégralité, barres inter-images et perforations comprises. Puis il sacrifie le cadre 1,37 des images en l’élargissant au format des écrans modernes. En revanche, la restauration numérique magnifie les couleurs ravivées, la saturation inouïe, irréelle du Kodachrome : le bleu de la mer qui trace comme des bosses de peinture, le violet du ciel, le rouge à lèvres des admiratrices, le jaune des gilets de sauvetage ou de l’extrémité des pales des hélices. Nelson fait sentir le côté tactile d’images dont l’éclat contraste avec l’âpreté du propos.

François Thomas

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