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Georges Méliès, magicien du cinéma

Les collections permanentes de La Cinémathèque française, uniques au monde, se sont récemment enrichies de plus de 700 nouvelles pièces de l’œuvre de Georges Méliès. L’occasion de rendre hommage à ce génial cinéaste-visionnaire.

Tour à tour et tout à la fois auteur, acteur, décorateur, producteur, réalisateur, Georges Méliès est considéré comme un artiste complet, voire comme le véritable pionnier du spectacle cinématographique. Magicien de formation, il est resté célèbre comme l’inventeur des effets spéciaux au cinéma, préfigurant George Lucas et Steven Spielberg. Machinerie théâtrale, pyrotechnie, effets d’optique, arrêts de caméra, fondus enchaînés, surimpressions, prestidigitation, effets de montage et effets de couleurs sur pellicule, tout semble avoir été conçu et utilisé par ce virtuose de la technique. On lui doit des adaptations de contes (Barbe-Bleue), des récits de science-fiction (Le Voyage dans la Lune) et de nombreuses histoires extravagantes… En prolongement des collections permanentes, l’exposition Georges Méliès, magicien du cinéma prendra place dans les espaces du 7ème étage dédiés aux acquisitions récentes. On y découvrira des films, mais aussi de nombreuses pièces rares, rassemblées pour la première fois : ses objets de magie, son costume d’inventeur du Voyage dans la Lune, des dessins, sa première caméra, et autres trésors. La Cinémathèque française a pour mission de montrer ce qu’elle conserve et se réjouit de projeter et d’exposer aux yeux de tous ces collections surprenantes.

Le parcours de l’exposition se déroule en trois étapes.

Magie et cinématographe

La première salle de l’exposition est consacrée au monde magique de Robert-Houdin et à la découverte du cinématographe. Méliès rachète le théâtre de Robert-Houdin, un illusionniste qu’il vénère et dont il collectionne les automates. Il monte de grandes illusions et des saynètes magiques qui préfigurent ses propres films à trucs. Nous montrons ici les accessoires, costumes et automates originaux de Robert-Houdin. Deux pièces phares : le carton fantastique original de Robert-Houdin et « l’armoire du décapité récalcitrant » de Méliès. Dès 1890, Méliès côtoie le monde de Marey et de la chronophotographie, mais il faut attendre le printemps 1896 et le triomphe de la projection cinématographique pour qu’il se décide à utiliser cette technique. Méliès achète sa première caméra à Londres (1896), réalise ses premiers films, les projette au théâtre Robert-Houdin – il les vendra également aux forains – et commence son abondante production. Ses premiers films et ses premiers appareils cinématographiques (sa première caméra, son premier projecteur) sont présentés ici.

Le studio Méliès de Montreuil

On pénètre ensuite dans l’espace du Studio de Montreuil, premier studio vitré (1897) réalisé uniquement pour la prise de vues cinématographiques. Nous en présentons une maquette et proposons au visiteur de l’explorer virtuellement, grâce à une reconstitution 3D interactive, et de pénétrer ainsi quelques-uns des secrets de ce mystérieux atelier, détruit en 1947. Dans cet espace figurent également les plans et esquisses préparatoires du film le plus abouti que Méliès ait tourné dans son studio : La Conquête du Pôle (1912).

L’univers fantastique de Méliès

Les films à trucs plaisent au public des années mille neuf cents et les forains sont les principaux clients de Méliès. Des affiches, programmes, pièces d’archives, dessins, costumes et projections permettent d’évoquer Le Voyage dans la lune, film-phare de Méliès (1902), de même que les autres films relatifs à des « voyages fantastiques ». La naissance rapide de l’industrie cinématographique, la montée en croissance des géants Pathé, Gaumont, Éclair, ont su imposer une autre économie, d’autres structures, un cinéma plus réaliste, moins rêveur. Ces trois sociétés, aux structures financières solides, ont chassé des écrans les films féériques de Méliès, dont le style, avant la Grande Guerre, devient totalement obsolète. Après avoir tenté de collaborer avec Charles Pathé, et après avoir connu de graves échecs financiers, Méliès arrête sa production cinématographique en 1913. Il connaît alors la gêne. Le public l’oublie totalement. Il anime le théâtre des Variétés à Montreuil mais, après la guerre, il doit gagner sa vie en vendant des jouets à la gare Montparnasse. Un journaliste l’y retrouve, et en 1929 un gala est organisé pour lui venir en aide. Il se retire au château d’Orly (maison de retraite réservée aux gens du cinéma) et meurt en 1938.

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Du 4 au 25 mai 2008

Les films

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25 mai 2008
16h00 HL
Ciné-concert programme 3 : Méliès au bal du diable
Séances bonimentées par Madeleine Malthête-Méliès ou Marie-Hélène Lehérissey. Accompagnement musical au piano par Lawrence Lehérissey.
  • Une partie de cartes Georges Méliès
  • Le Déshabillage impossible Georges Méliès CM
  • Le Voyage dans la Lune Georges Méliès CM 3
  • Une nuit terrible Georges Méliès
  • Salle à manger fantastique Georges Méliès
  • Le Chevalier mystère Georges Méliès
  • Le Dirigeable fantastique ou le cauchemar d'un inventeur Georges Méliès
  • Les Quat'cents farces du diable Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Attentat contre Maître Labori Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Débarquement de Dreyfus à Quiberon Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Dictée du bordereau (arrestation de Dreyfus) Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Dreyfus allant du lycée de Rennes à la prison Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Dreyfus mis aux fers (la double boucle) Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Entrevue de Dreyfus et de sa femme (prison de Rennes) Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : La Case de Dreyfus à l'île du Diable Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : La Dégradation Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Le Conseil de guerre en séance à Rennes Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Suicide du colonel Henry Georges Méliès
  • Affaire Dreyfus : Suspension d'audience (Bagarre entre journalistes) Georges Méliès
  • Le Mélomane Georges Méliès 6
  • L'Œuf du sorcier Georges Méliès
  • Le Génie du feu Georges Méliès
  • Dislocation mystérieuse Georges Méliès
  • Une chute de cinq étages Georges Méliès
  • La Colle universelle Georges Méliès
  • La Sirène Georges Méliès
  • Jeanne d'Arc Georges Méliès CM
  • Les Illusions fantaisistes Georges Méliès
dimanche 25 mai 2008

Autour de l'événement

actualité

Le Catalogue de l'exposition

L'œuvre de Georges Méliès
Éditions de La Martinière / La Cinémathèque française.
Auteurs : Jacques Malthete et Laurent Mannoni.
Illustré par 500 documents provenant de la collection de la Cinémathèque française et du CNC (photographies de plateau, études, croquis), cet ouvrage qui rend hommage à l'une des figures les plus étonnantes du cinéma naissant, retrace de manière chronologique, la vie et l'œuvre de cet artiste à travers quatre parties :
La caricature (les caricatures anti-boulangistes qu'il signe sous le pseudo de « Géo. Smile » dans un hebdomadaire satirique d'août 1889 à janvier 1890) / Le théâtre de magie (En 1888, Méliès rachète les droits d'exploitation du théâtre Robert-Houdin et y invente les grandes illusions qui feront sa première réputation) / Le Cinématographe (illusionniste avant tout, il a conçu des films à trucs qui seront de véritables numéros de scènes) / Le théâtre de Montreuil (achevé en 1917, le Théâtre des variétés artistiques de Montreuil donnera jusqu'en 1923 des opérettes, opéras-comiques, drames et opéras dans lesquels joue Méliès).
49€ – 360 pages – plus de 800 documents

Partenaires et remerciements

Un remerciement particulier à Monsieur Christian Fechner pour son accueil, sa générosité, son expertise.

Exposition réalisée grâce au mécénat de

Natixis (2008)

En partenariat avec

France Culture Figaroscope Libération Rue 89