En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus
<p>À la suite des attentats survenus à Paris, et afin d'assurer la sécurité des visiteurs, la Cinémathèque française applique les mesures préventives décidées par le gouvernement pour les administrations publiques.Tous les bagages (y compris les valises de taille cabine) sont interdits dans le bâtiment. Seuls les sacs à main et sac à dos de petite taille (apparentés à un sac à main) sont autorisés.<br><span class="fa fa-angle-double-right"> </span><a style="color: #222; text-decoration: underline;" href="mesures-preventives-de-securite-a-la-cinematheque-francaise.html">En savoir plus</a></p>

Cinéma d'avant-garde

Les séances d'avant-garde de la Cinémathèque française ont pour vocation de montrer aux cinéphiles les classiques reconnus ou méconnus de l'histoire des avant-gardes cinématographiques, en provenance de toutes époques, tous territoires, tous champs formels.

Un vendredi par mois, la programmation permet ainsi de repenser les corpus et le patrimoine filmiques grâce à l'exploration des territoires encore négligés du cinéma expérimental, du cinéma engagé ou du cinéma scientifique, afin d'en améliorer la connaissance, la fortune critique et la sauvegarde.

Ce rendez-vous mensuel est enfin l'occasion de déceler parmi les initiatives filmiques celles qui témoignent d'une force de proposition expérimentale. Quelles formes d'organisation pratiques et formelles, quelles entreprises authentiquement critiques témoignent d'une réflexion libre, irréductible, non déterminée, que ce soit par l'appareil industriel, les consignes technologiques ou les commandes sociales ?

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Franssou Prenant, reviens souvent

Françoise Prenant est l'un des foyers secrets de la cinématographie d'auteur en France. Réalisatrice, scénariste, monteuse, actrice, opératrice, muse, elle s'ébat aussi bien devant que derrière une caméra ; aussi bien dans ses rôles chez autrui (Jacques Kebadian, Raymond Depardon, Romain Goupil) que dans ses propres autoportraits à contre-jour, reflets allégoriques ou mises bord cadre. Elle fait irruption dans le cinéma sous les traits saisissants d'Albertine, l'adolescente insurgée de Jacques Kebadian (Albertine, le souvenir parfumé de Marie Rose, 1972), petite-fille de l'élève Tabard de Zéro de conduite. Depuis, elle danse sur les cimes comme dans les éboulis du cinéma engagé, traçant son propre chemin d'acuité. Sa cause motrice, la liberté inconditionnelle, commence par s'affirmer dans le champ des sexualités (Paradis perdu, 1975, Habibi, 1983), puis se déploie sur trois continents (Europe, Afrique, Asie) avec une prédilection manifeste pour ce que la génération précédente avait nommé « tiers-monde », dont elle recueille les éclats et soubresauts une fois les empires écroulés. Guinée, Syrie, Liban, Algérie, sous ses yeux insatiables scintillent les océans, s'engouffrent les visages et les fantômes, advient le prodige des rencontres : même cadré par ces innombrables fenêtres que les films prennent soin de mettre en évidence, le monde entier semble sans frontières, un royaume cinétique où les habitants se relèvent d'une catastrophe en s'ébrouant pour dissiper la mélancolie. Parfois, rarement, Franssou Prenant s'arrête, elle fait escale, elle prend le temps de réciter un poème de Constantin Cavafy à un garçon ou peut-être au souvenir de celui-ci (Reviens et prends-moi, 2004), autour d'elle la lumière ruisselle, « Reviens souvent et prends-moi, sensation bien-aimée »... « Jouissances réelles » en même temps que « folles chimères » (Cavafy, 1913), fictions comme documentaires, les films de Franssou Prenant exposent des fables de la vision, d'une vision qui embrasse au même titre le passé et l'immédiat. La protagoniste bifide de Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde (2000), aux prénoms programmatiques de Lunettes et Myope, en fournit le mode d'emploi affectif et biographique, tandis que René Schérer, spécialiste des visionnaires et des utopistes, en retrace les attendus, enjeux et aventures philosophiques (Le jeu de l'oie du Professeur Poilibus, 2007). Experte donc en bilan orthoptique, pionnière en hétéroscopie, Franssou Prenant travaille les possibilités descriptives offertes par le cinéma au même titre qu'un sculpteur travaillerait une glaise humide et compacte, indéfiniment, délicieusement, vertigineusement malléable. « Atmosphère de la maison, des cafés, du quartier / Que je perçois et dont je m'imprègne depuis tant d'années... / Je t'ai créée dans mes joies et dans mes peines / À l'aide de toutes sortes d'événements et de détails / Et pour moi tu es devenue, toute entière, un sentiment. » (Cavafy, « Dans le même espace », 1929)

Nicole Brenez

Pierre Léon, le mystère s’épaissit

« Grégaire et casanier, le cinéma s'oppose en tout aux expériences poétiques les plus radicales : Dante, Montaigne, Rousseau, Hölderlin, Dostoïevski, Hopkins, Rimbaud ou Kafka prennent leur source dans l'absolue solitude, qui les angoisse mais dont constamment ils se nourrissent ; et leur art est dans l'incessante répétition de cette errance entre le possible et l'impossible, cette aléthéïa, la vérité grecque et vertueuse, vérité négative, dévoilée, condition essentielle [...]. La tentation du cinéma aura toujours été cela : ressembler à la littérature ; celle des cinéastes, de marcher au hasard des rues avec la besace et le manteau de Diogène-le-Chien, dont les plis et les replis, pourvu qu'on veuille y prendre garde, recèlent les bribes de la plus belle histoire du monde. Ils se croient alors plongés dans l'aléthéïa, la vie errante, et cette vie errante, par le jeu de la quasi-homophonie, devient leur vérité positive. Mais le cinéma est grégaire. C'est sa nature économique. Il est casanier, parce qu'il est grégaire, et qu'on peut difficilement errer à cinquante et s'adonner aux grâces de l'indécision (Michelet). C'est possible, parfois même cela arrive, parfois certains films créent l'illusion qu'ils ont été faits en flânant, mais, fondamentalement, et profondément, le cinéma est confronté à chaque seconde, dix-huit, vingt-quatre ou vingt-cinq fois par seconde, au fait même qu'il est en train de se faire. Ce qui fait une des forces du cinéma, c'est aussi ça : imiter sans jamais copier les expériences solitaires en sachant pertinemment qu'il ne serait pas possible de rendre compte d'une expérience de ce genre qu'en épaississant le mystère, qu'en voilant un peu plus la vérité, pour que ce voile seul soit son authentique épiphanie. »

PIERRE LÉON, Marginalia, in Trafic n° 50, Qu'est-ce que le cinéma ?

Un programme conçu par Pierre Léon.
Toutes les séances auront lieu en présence du cinéaste.

Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
22 février 2016
23 février 2016
24 février 2016
25 février 2016
26 février 2016
27 février 2016
28 février 2016
29 février 2016
1 mars 2016
2 mars 2016
3 mars 2016
4 mars 2016
5 mars 2016
6 mars 2016
7 mars 2016
8 mars 2016
9 mars 2016
10 mars 2016
11 mars 2016
12 mars 2016
13 mars 2016
14 mars 2016
15 mars 2016
16 mars 2016
17 mars 2016
19 mars 2016
20 mars 2016
21 mars 2016
22 mars 2016
23 mars 2016
24 mars 2016
25 mars 2016
26 mars 2016
27 mars 2016
28 mars 2016
29 mars 2016
30 mars 2016
31 mars 2016
1 avril 2016
2 avril 2016
3 avril 2016
4 avril 2016
5 avril 2016
6 avril 2016
7 avril 2016
8 avril 2016
9 avril 2016
10 avril 2016
11 avril 2016
12 avril 2016
13 avril 2016
14 avril 2016
15 avril 2016
16 avril 2016
17 avril 2016
25 avril 2016
26 avril 2016
27 avril 2016
28 avril 2016
29 avril 2016
30 avril 2016
1 mai 2016
2 mai 2016
3 mai 2016
4 mai 2016
5 mai 2016
6 mai 2016
7 mai 2016
8 mai 2016
9 mai 2016
10 mai 2016
11 mai 2016
12 mai 2016
13 mai 2016
14 mai 2016
15 mai 2016