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Les 100 ans du cinéma estonien

La rétrospective estonienne à la Cinémathèque comprend les deux films préférés, depuis toujours, par les Estoniens. Le premier est Le Printemps d’Arvo Kruusement, adaptation d’un récit d’Oskar Luts paru il y a cent ans. C’est le film le plus vu en Estonie et n’importe quel Estonien en connaît les répliques. Le Printemps présente une suite d’images lyriques de la vie d’adolescents dans une école rurale à la fin du XIXe siècle : les premières amours, l’amitié, les infractions aux normes. Les mêmes acteurs, enfants au moment du tournage, en ont joué, une fois adultes, une suite composée de deux films : Été (1976) et Automne (1991). La Dernière relique de Grigori Kromanov est également un film très populaire. « Notre relique, c’est la liberté » –  voici une phrase que tous les Estoniens connaissent par coeur. Le film est situé dans l’Estonie du XVIe siècle. Écrits par Paul Eerik Rummo, les chansons de La Dernière relique sont des succès depuis quarante ans. À l’époque, l’Union soviétique avait vendu ce film dans plus de soixante-dix pays. Ces deux films ont fait l’objet d’une restauration respectivement en 2006 et 2002.

Le réalisateur de La Dernière relique, Grigori Kromanov, a signé en 1979 un autre film, L’Auberge des visiteurs de l’au-delà, qui porte à l’écran un récit de science-fiction des deux écrivains russes, les frères Arkadi et Boris Strougatski. Aujourd’hui ce film, qui raconte une rencontre dans l’espace avec des êtres venus d’ailleurs, est devenu un film culte grâce à une utilisation révolutionnaire de la musique électronique. Il a été restauré en 2009.

Démence (1969), du productif Kaljo Kiisk, fut interdit à l’exportation jusqu’à la fin des années quatre-vingts. Comédie noire qui se situe à l’automne 1944, Démence traite des effets du totalitarisme sur l’individu. Nipernaadi le vagabond, du même Kaljo Kiisk (1983), exalte la beauté de la nature. Un écrivain vagabonde à travers le pays, conquiert les coeurs et les pensées des belles. Le personnage principal est joué par Tõnu Kark, l’un des acteurs les plus populaires du pays. Georg – L’histoire de l’épouse du Baryton (2007) de Peeter Simm suit l’itinéraire de Georg Ots (1920-1975), chanteur et acteur légendaire, baryton d’opéra (dont la carrière commença dans les années quarante). Le rôle principal est joué par Marko Matvere, l’acteur-chanteur le plus aimé en Estonie. Veiko Õunpuu, pour sa part, a débuté avec Le Bal d’automne (2006) qui a gagné le prix de la sélection Orizzonti au festival de Venise. Il montre avec un certain humour noir le désarroi des Estoniens urbanisés. Le Bal d’automne est inspiré du roman postmoderniste éponyme de Mati Unt.

Citoyen soviétique, Vladimir Karassev, a demandé l’asile politique en France en 1976. Son tout premier film, Les Hors-la-Loi (1971), une ballade de quatre heures en noir et blanc, a été interdit, quoique traitant des révoltés communistes clandestins dans la République d’Estonie des années vingt. Karassev avait travaillé comme critique de film et enseignant et avait produit, avant de passer à l’Ouest, toute une série de documentaires parmi lesquels Solstice (1968), interprétation personnelle du coup d’État communiste de 1940 et de l’occupation soviétique.

L’oeuvre la plus ancienne au programme est un film muet réalisé en 1927, Les Jeunes aigles. Theodor Luts, réalisateur, chef-opérateur et producteur (1896-1980) s’est formé au cinéma en 1926 à Paris, dans le studio Albatros fondé par des émigrés russes. Les Jeunes aigles, qui traite de la guerre estonienne de libération de 1918 à 1920, est l’une des premières réussites dans l’histoire du cinéma estonien (sur les cinq longs métrages réalisés auparavant, un seul a été conservé) et il a été bien accueilli par les spectateurs et par la critique. Le film a été restauré en 2008. Les scènes de bataille sont les plus spectaculaires du cinéma estonien : pendant l’été 1927, plus de quatre mille figurants ont participé aux scènes de masse. Luts avait lui-même combattu lors de la guerre de libération, et son film peut être qualifié de comédie héroïque, la guerre n’étant, pour les trois personnages principaux, qu’une aventure plutôt joyeuse. Le film accompagné par le groupe de rock légendaire Kosmikud tourne avec beaucoup de succès durant l’été 2008 en Estonie.

En ouverture de cette semaine du cinéma estonien à la Cinémathèque française, ces mêmes rockeurs proposent une soirée de cinéma « pas comme les autres ». Les productions d’animation ont gagné les grands prix des festivals d’Annecy, de Zagreb, de Tampere, d’Ottawa etc. Pour cette rétrospective, nous avons choisi deux oeuvres de Rein Raamat, réalisateur ayant commencé en 1971 à produire des films d’animation qui ont obtenu des prix internationaux. Le Grand Tõll est une interprétation des légendes estoniennes portant sur le géant vivant dans l’île de Saaremaa. Enfer a été inspiré par trois gravures apocalyptiques du graphiste estonien Edouard Wiiralt (1898-1954), qui a vécu et travaillé à Paris. Ces films ont été restaurés en 2011. La Mouche de printemps et La Guerre sont de bons exemples de la technique d’animation des marionnettes. L’Estonie est l’un des rares pays d’Europe orientale libéré en 1990, où la production d’animation traditionnelle de marionnettes a été préservée. Inspirée par la pièce d’Oskar Luts remontant à 1913, Tête de chou est une comédie populaire sur le pays en cours de transformation.

Outre Solstice, trois documentaires figurent au programme. La Voie balte, de Peeter Simm, montre, grâce à la métaphore de la chaîne humaine de 600 km reliant l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie le 23 août 1989 (pour le 50e anniversaire du pacte secret Molotov-Ribbentrop), l’aspiration de ces trois peuples à la liberté. Arvo Pärt : 24 Préludes pour une fugue, de Dorian Supin, est un portrait de l’énigmatique compositeur estonien Arvo Pärt, alors que Le Temps de Mark Soosaari est un documentaire d’auteur expérimental.

Cette sélection tente de survoler un siècle de cinéma estonien. Le premier film fait par un Estonien fut montré le 30 avril 1912 à Tartu : c’était Le Vol d’Outochtine sur Tartu, première oeuvre du réalisateur Johannes Pääsuke (1892-1918), filmé avec une caméra qu’il avait construite lui-même. Le 30 avril 2012 correspondra donc au centième anniversaire du cinéma estonien.

Jaak Lõhmus

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Du 23 novembre au 5 décembre 2011

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