En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

Cinéma d'avant-garde

Les séances d'avant-garde de la Cinémathèque française ont pour vocation de montrer aux cinéphiles les classiques reconnus ou méconnus de l'histoire des avant-gardes cinématographiques, en provenance de toutes époques, tous territoires, tous champs formels.

Un vendredi par mois, la programmation permet ainsi de repenser les corpus et le patrimoine filmiques grâce à l'exploration des territoires encore négligés du cinéma expérimental, du cinéma engagé ou du cinéma scientifique, afin d'en améliorer la connaissance, la fortune critique et la sauvegarde.

Ce rendez-vous mensuel est enfin l'occasion de déceler parmi les initiatives filmiques celles qui témoignent d'une force de proposition expérimentale. Quelles formes d'organisation pratiques et formelles, quelles entreprises authentiquement critiques témoignent d'une réflexion libre, irréductible, non déterminée, que ce soit par l'appareil industriel, les consignes technologiques ou les commandes sociales ?

Infos pratiques

Tarifs

  • Plein tarif 6,50 €
  • Tarif réduit 5,50 €
  • Moins de 18 ans 4 €
  • Carte Ciné Famille Adultes 5 €
  • Carte Ciné Famille Enfants 3 €
  • Libre Pass Gratuit

Formules d'abonnement

La Cinémathèque en illimité !
Carte amortie à partir de deux séances par mois.

Invitations et réductions pour toute la famille durant toute une année.

La Cinémathèque en illimité, à deux !
Nouveau 

6 places de cinéma à utiliser en toute liberté, seul ou accompagné.

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

La dynastie Sojcher

« Déposition. Désordre. Faille quelque part, de toutes parts et rire, oui, par étages, jusqu'au pleinvide. Déroute donc pour l'évidence. »
Jacques Sojcher, La démarche poétique (1976).

Le cinéma européen – territoire que revendique Frédéric Sojcher – compte quelques dynasties au travail depuis trois générations : les Renoir, les Buñuel, les De Filippo, les De Sica-Verdone, les Brasseur, les Garrel... Dans la famille Sojcher, voici le grand-père : Jacques, philosophe et professeur, auteur de (entre autres) La Question et le Sens. Esthétique de Nietzsche (1972), La Démarche poétique. Lieux et sens de la poésie contemporaine (1976) et huit recueils de poésie chez Fata Morgana(1976- 2016) ; mais aussi acteur pour André Delvaux, puis acteur et scénariste pour Claudio Pazienza, qui fut son élève.
Voici le père : Frédéric, cinéaste et professeur, auteur de 16 films et presque autant de livres, parmi lesquels La kermesse héroïque du cinéma belge (1999, sa Thèse de doctorat), Le Manifeste du cinéaste (2006), Pratiques du cinéma (2011). Tandis que les livres en toute rigueur étudient les conditions de possibilité économiques, professionnelles et culturelles du cinéma, les films en toute liberté inventent leur propre style, celui de la fantaisie exégétique. Loin de l'antique Ars pœtica, des Fabrica réflexives et plus encore des déconstructions critiques, les fables de Frédéric Sojcher, souvent organisées selon le mode de l'enquête, interrogent des films hypothétiques et perdus (Hitler à Hollywood, 2011), des scènes ratées (Climax, 2009), des économies de l'impossible (Cinéastes à tout prix, 2004)... et décrivent comment une œuvre digne de ce nom crée sa propre forme, aussi cabossée soit-elle, à force de buter contre le principe de réel. « Ne sais-tu toujours pas ce dont on a besoin, pour multiplier sa force par dix ? — De partisans ? – De zéros !! » (Nietzsche, 1888). À cet égard, les comédies exégétiques de Frédéric Sojcher constituent une sorte de diptyque spontané avec le travail de son compatriote le plasticien Eric Duyckaerts dynamitant les codes de la leçon de choses.
Voici la fille : Nastasjia, qui à son tour s'enquiert d'un métier et de techniques qui dès l'origine se trouvaient au centre des préoccupations du père (A comme Acteur, 1995) et, au-delà, sur le désir du grand-père qui « a toujours rêvé, lui aussi, d'être acteur » (Je veux être actrice, 2015). Souvent, les films de Frédéric offrent des galeries de portraits, des rondes à la manière d'Ophüls (le père, Max), protocole le plus simple et franc pour observer à nu le seul phénomène qui vaille : l'apparition d'un visage devant une caméra. À Nastasjia incombe d'élucider le mystère de la parousie profane pour à son tour officier.
Dans cet univers loufoque, l'antagoniste se nomme « Viva World », c'est la mondialisation fallacieuse et assassine des cultures, des artisanats, des excentricités, contre laquelle ensemble les Sojcher dressent leurs énergies, leurs singulières puissances de vie, puisqu'« un film vivant est un film qui ne ressemble à aucun autre » (Frédéric Sojcher).
Nicole Brenez.

Iskra

Dans le cadre du 50e anniversaire de Mai 68
www.soixantehuit.fr

L'Anveau et le Noucien, Spassiba Iskra

Iskra : nom commun russe qui signifie Étincelle.
Iskra : acronyme français pour Image Son Kinescope Réalisation Audiovisuelle.
Iskra : regroupement de quelques personnes concrètes plongées dans des conditions de production concrètes que leur conviction, leur intégrité et leur savoir-faire métamorphosent en arme de combat.
Iskra : carrefour où se produisit une jonction historique entre ouvriers et cinéastes et ainsi l'émergence d'un cinéma réalisé par, pour, et selon les exploités en lutte contre tout ce qui les mutile.
Iskra : outil grâce auquel ceux qui produisent des films en contexte hostile convertissent une injustice en films qui, au quotidien, donnent du courage à ceux qui les voient.
Dans un monde où règnent des inégalités révoltantes, dans un temps où un tiers de l'humanité vit sous le seuil de pauvreté, être un cinéaste engagé semble la moindre des choses : il suffit d'avoir un cerveau, un cœur et le raccord entre les deux. Mais produire des films engagés ? Se trouver à l'interface entre le monde économique dit libéral et ceux qui en contestent le fonctionnement capitaliste ? Comment rendre possibles des films impossibles ? Et comment inscrire un projet révolutionnaire dans la durée ? Voilà l'exploit quotidien accompli depuis 50 ans par Slon, créé en 1967 à l'initiative de Chris Marker pour produire Loin du Vietnam, et porté depuis à bout de bras par Inger Servolin (voir à ce sujet l'indispensable documentaire de Maria Lucia Castrillon, Lettre à Inger, 2017), rejointe tour à tour par Viviane Aquilli, Matthieu de Laborde et Lena Fraenkel (sous le nom d'Iskra depuis 1974). Des rebelles calmes, impavides, généreux et dotés d'un solide esprit pratique : ce sont nos héros préférés. Comment font-ils ? À quel prix s'est constitué ce catalogue magnifique, qui résume une bonne part de l'histoire politique et esthétique du cinéma militant ? Après nos programmes et hommages de 1999 (« On a toujours raison de se révolter, le pamphlet politique »), 2000, 2001 (« Carte rouge à Iskra »), 2006 (« Les Groupes Medvedkine ou les révolutionnaires d'hier sont nos classiques d'aujourd'hui »), 2007 (« Bruno Muel ou l'humanisme critique »), 2013 (« Cinéma prolétarien au CCPPO »), cette nouvelle programmation nous offre un autoportrait d'Iskra par elle-même. Il s'y atteste une admirable fidélité à ses idéaux, alliant films anciens toujours aussi nouveaux et films nouveaux toujours en action sur les fronts traditionnels (conditions ouvrière, paysanne, féminine, immigrée, étudiante, famille, industrie nucléaire, justice, prison...) comme sur les fronts plus récents (banlieues). Iskra : modèle de longévité, d'efficacité et d'endurance au combat.

Nicole Brenez

Sauf mention contraire, tous les films sont produits par Slon/Iskra.

Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
22 janvier 2018
23 janvier 2018
24 janvier 2018
25 janvier 2018
26 janvier 2018
27 janvier 2018
28 janvier 2018
29 janvier 2018
30 janvier 2018
31 janvier 2018
1 février 2018
2 février 2018
3 février 2018
4 février 2018
5 février 2018
6 février 2018
7 février 2018
8 février 2018
9 février 2018
10 février 2018
11 février 2018
12 février 2018
13 février 2018
14 février 2018
15 février 2018
17 février 2018
18 février 2018
19 février 2018
20 février 2018
21 février 2018
22 février 2018
23 février 2018
24 février 2018
25 février 2018
26 février 2018
27 février 2018
28 février 2018
1 mars 2018
2 mars 2018
3 mars 2018
4 mars 2018
5 mars 2018
6 mars 2018
7 mars 2018
8 mars 2018
9 mars 2018
10 mars 2018
11 mars 2018
12 mars 2018
13 mars 2018
14 mars 2018
15 mars 2018
16 mars 2018
17 mars 2018
18 mars 2018
19 mars 2018
20 mars 2018
21 mars 2018
22 mars 2018
23 mars 2018
24 mars 2018
25 mars 2018

Partenaires et remerciements

Inger Servolin, Viviane Aquilli, Lena Fraenkel, Matthieu de Laborde, ISKRA, tous les auteurs, ayants-droit et distributeurs.