Présentation des enjeux

Alain Bergala est critique, cinéaste, enseignant à la Femis et conseiller artistique du Cinéma, cent ans de jeunesse. S’appuyant sur des extraits de films, il met en évidence, des premiers films Lumière à aujourd’hui, la façon dont la météo s’inscrit au cœur même des films : qu’elle soit liée à des gestes involontaires ou inconscients comme simple enregistrement du réel, à un instant donné, ou à des gestes et intentions plus contrôlés : utilisation de l’artifice, traitement impressionniste lié à des sensations et des émotions, événements météo qui se trouvent au cœur de la dramaturgie , ou qui transforment le monde, et l’image, sous nos yeux.

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Une question / une séquence

Alain Bergala analyse la scène qui clôt le film Take Shelter, de Jeff Nichols (2011, Etats-Unis) : l’arrivée d’un événement météorologique longtemps attendu et craint, par le personnage principal comme par les spectateurs. Délaissant une mise en scène spectaculaire de la tornade, le réalisateur choisit de filmer l’attente anxieuse de la famille, qui guette les signes annonciateurs de la catastrophe, parfois presque imperceptibles.

Extraits de films

Montrer

Ciels blancs et lourds d’hiver, dans lesquels s’inscrit fugitivement le passage des nuages, micro- évènements météorologiques : si les films gardent la mémoire et la trace du temps qu’il fait au moment même du tournage, les réalisateurs décident parfois d’accorder une attention particulière à la météo : pour illustrer le passage des saisons, restituer la fugacité d’un moment, ou signifier le temps qui passe.

Interruption de la fiction

Raconter

Pluies torrentielles, tornades, orages soudains : les évènements climatiques (attendus ou créés de toute pièce) se retrouvent au cœur même du récit, créant une atmosphère distincte du quotidien, propice à l’expression des sentiments et émotions des personnages, permettant aussi au réalisateur de jouer avec ces éléments qui affectent la matière même de l’image.

Les éléments

Sans souci du réalisme, les réalisateurs utilisent et accentuent parfois le caractère sacré, la dimension magique liée à certains éléments météorologiques pour conférer une dimension poétique, voire fantastique à une scène : ainsi se métamorphose sous nos yeux un paysage, un vent violent se fait animal furieux, défiant les personnages et troublant notre perception de spectateur.

Intérieur / Extérieur

Sur un mode documentaire, burlesque ou plus tragique, les personnages de cinéma circulent entre l’espace intérieur et l’extérieur exposé à la nature, ses beautés mais aussi ses dangers climatiques. Filmés à travers une fenêtre, ou au seuil d’une porte derrière laquelle une tempête fait rage, occupés à construire en toute hâte un abri de fortune ou une cabane rêvée de Robinson, ils révèlent à la fois leur fragilité et leur ingéniosité, la persistance de l’esprit de l’enfance comme la précarité de la vie humaine.