Une aventure pédagogique

Présentation du projet

Une pédagogie d'avant-garde

Petit historique

Revue de presse

Comment participer

 
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Présentation du projet

par Nathalie Bourgeois
Responsable du Cinéma, cent ans de jeunesse
à La Cinémathèque française

Né en 1995, le dispositif «Cinéma, cent ans de jeunesse» expérimente une pédagogie du cinéma qui conjugue la formation du regard avec l'expérience créatrice. Il met en place chaque année des ateliers en milieu scolaire et périscolaire avec l'intervention de praticiens du cinéma.

Des ateliers cinéma

Le projet se déroule sur toute une année scolaire. Les ateliers ont lieu dans les établissements (écoles, collèges, lycées), ils sont menés conjointement par un enseignant (ou une équipe) et un intervenant professionnel. Tout au long de l’année les séances alternent le visionnage de films en salle et l’analyse d’extraits de film avec des exercices pratiques et la réalisation d’un court film collectif.

Une question de cinéma, des règles du jeu

L'originalité du projet consiste à définir un cadre général et des règles du jeu formulées chaque année en concertation avec les partenaires des différents pays.
 Quel que soit l'âge ou leur lieu de vie, les enfants travaillent tous sur une même question, qui les fédère et leur sert d'angle d'attaque pour découvrir le cinéma (par exemple : la couleur, le point de vue, montrer ou cacher, pourquoi bouger la caméra ?...)
 En prêtant attention à un paramètre en particulier, en prenant conscience des enjeux qui y sont attachés, on invite les élèves à élargir leur approche du cinéma. Après avoir vu des films en salle et analysé les extraits qui ont été repérés sur le sujet, les élèves réalisent dans un premier temps des exercices individuels. 
Ce n'est qu'une fois que chacun s'est frotté au sujet de l'année que la classe commence à travailler à la réalisation d'un film-essai collectif, en suivant des indications scénaristiques.


Des échanges et des rencontres
Des temps de formation pour les adultes

L'ensemble des participants adultes impliqués dans les ateliers (enseignants et intervenants) se retrouve à trois reprises au cours de l'année :

Septembre/octobre : 2 journées de formation et de réflexion à la Cinémathèque française pour aborder et préciser la question de cinéma qui servira de fil rouge au travail mené dans les ateliers, à travers le visionnage et la comparaison de séquences de films choisies dans toute l'histoire du cinéma et les différentes cinématographies.

Mars-avril : bilan d'étape à mi-parcours, organisé à la Cinémathèque française ou dans d'autres structures culturelles associées au dispositif en région ou dans les pays

Juin : projection publique des films réalisés dans les ateliers, en présence des élèves, à la Cinémathèque française puis dans chaque structure culturelle dans les régions et les pays.

Enseignants, intervenants, partenaires culturels forment une véritable communauté de réflexion au sein de laquelle il est possible de confronter des méthodologies et de partager des approches pédagogiques.

Un blog international d’échanges entre élèves

Tout au long de l'année, un blog permet aux élèves de correspondre et de savoir comment progresse le travail de chacun. Pour plus d’informations, voir la page de l’année en cours.

Un temps de restitution, pour tous, en juin

En juin, La Cinémathèque française accueille l'ensemble des participants – adultes et élèves – (900 personnes environ) pour trois journées de projection. Les participants de tous âges et de tous horizons font connaissance, dialoguent joyeusement et débattent des choix cinématographiques à l'œuvre dans leurs films. Ayant travaillé sur un même thème, il leur est plus facile d'échanger sur leurs expériences. Leurs films donnent à voir le monde, dans sa diversité de climats, de lumières, de langues, de rythmes et de modes de vie.

Un projet qui s’adresse à tous les publics

Enfin, un des points d’intérêt de ce dispositif est la grande diversité de ses participants : mixité d’âge (de 7 à 18 ans), diversité géographique et linguistique (ateliers dans une dizaine de pays différents, implantés dans de petits villages, dans des grandes métropoles, en banlieue ou sur des îles) ; mixité des âges et des publics (écoles, collèges et lycées classiques, zones sensibles, zones rurales éloignées, lycées professionnels).

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Une pédagogie d’avant-garde

par Alain Bergala
Enseignant, critique et cinéaste
Conseiller artistique du Cinéma, cent ans de jeunesse

La pédagogie du cinéma, en France, est l'héritière d'une tradition ancienne et très riche. Elle doit son exceptionnel développement à des raisons historiques et politiques précises et uniques. Elle passe par les grands mouvements de culture populaire de l'après-guerre comme Peuple et Culture et Travail et Culture, par le puissant mouvement des Ciné-clubs pendant les trente glorieuses, et enfin par la volonté politique, à partir des années 1970, de faire entrer le cinéma dans le système scolaire et périscolaire, même si cette impulsion a connu depuis des hauts et des bas.



La Cinémathèque française, comme lieu de mémoire et de culture du cinéma, est devenue une héritière contemporaine de cette longue tradition. En 1995 naît dans ses murs et hors ses murs, un dispositif d'avant-garde pédagogique, Le Cinéma, cent ans de jeunesse, qui s'est voulu dès le départ un dispositif de recherche pointu et exemplaire. Le but de ce dispositif est d'expérimenter une pédagogie généralisable du cinéma dont le modèle, qui s'affine d'année en année depuis plus de quinze ans, est en train d'essaimer dans des pays qui s'ouvrent à des envies de cinéma en milieu scolaire : la Catalogne, le Portugal, le Brésil, l'Italie, l'Angleterre, l'Allemagne, etc.



Mon propre engagement dans ce programme, depuis son origine, a été ma base d'inspiration principale pour penser des modalités nouvelles d'éducation au cinéma dans le cadre des « Arts à l'école » initiés par Jack Lang, alors Ministre de l'Éducation nationale, au début des années 2000. Ce dispositif fonctionne comme une communauté d'autoformation et d'échange permanent entre ses participants (enseignants et professionnels du cinéma) qui ont mis au point des protocoles de travail précis et rigoureux. Cette exigence est plus nécessaire que jamais depuis quelques années où, à cause d'une nette régression de la place et du statut symbolique du cinéma dans l'Éducation nationale, menace une tendance à la « gadgétisation » et à des pratiques futiles, sans autre visée ni enjeu que de « faire semblant » de faire du cinéma. On peut tourner facilement n'importe quoi et n'importe comment avec les appareils numériques d'aujourd'hui, mais ce n'est pas parce qu'existe vaguement un film qu'il y a eu une véritable expérience du cinéma de la part des jeunes qui l'ont fait, et que cela laissera des traces qui comptent.


Initier au cinéma exige d'être pensé de façon responsable par les adultes qui s'y engagent. La solidité du Cinéma, cent ans de jeunesse réside dans une pensée conjointe du cinéma et de sa transmission, et de méthodes de travail patiemment expérimentées et autoanalysées qui lui ont permis de capitaliser une méthode utilisable par d'autres. Et c'est ce qui a permis à des passionnés de la transmission du cinéma, dans d'autres pays, de se sentir à la fois confortés dans leur désir et suffisamment rassurés par des cadres de pensée et de pratiques auxquels s'adosser pour se lancer dans l'aventure. Libre à eux ensuite de les adapter à leur pays et à la situation spécifique qui est la leur.

S'il me fallait choisir un seul des points d'exemplarité du Cinéma cent ans de jeunesse, ce serait celui de l'articulation du faire (le faire comme forme pratique d'une pensée du cinéma) et du recours permanent, tout au long du cycle annuel, à des extraits de films venus de toutes les époques et tous les pays du cinéma. Ces visionnements d'extraits de films font partie de la démarche générale de penser les questions que l'on se pose, les problèmes que l'on rencontre, à partir de la façon dont les ont affrontés concrètement les cinéastes, ceux qui ont constitué le cinéma jusqu'à aujourd'hui. C'est la meilleure façon de résister à la gadgétisation du faire, et il suffit de voir les films réalisés dans les classes, en fin d'année, pour se rendre compte de l'incroyable intelligence et appétit avec lesquels les élèves ont assimilé certains de ces extraits de films – ceux qui ont concerné leur goût et leurs questionnements – pour penser leur propre pratique. On est à mille lieues de l'imitation d'un modèle, mais au coeur même de la réalité de l'acte de création. (juin 2012)

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Petit historique

1995

Centenaire de l’invention du Cinématographe par les frères Lumière.

À l'origine du projet, il y a le désir de quelques-uns (des praticiens du cinéma, des enseignants, des individus et des institutions) d'expérimenter une pédagogie du cinéma qui conjugue la formation du regard avec l'expérience créatrice. Trois archives (La Cinémathèque française, l’Institut Lumière, la Cinémathèque de Toulouse) et une salle de cinéma (L’Eden-le Volcan au Havre) s’associent pour mettre en place un dispositif appelé « le Cinéma, cent ans de jeunesse », labellisé par le Premier Siècle du cinéma ; les initiateurs en sont Alain Bergala, Nathalie Bourgeois, Carole Desbarats, Ginette Dislaire, Thierry Frémaux, Béatrice de Pastre et Catherine Schapira. Les premiers ateliers sont mis en place sur l’année scolaire 1994-95, dans 4 régions en France. De cette expérience naît un film, Jeunes lumières, qui sera présenté en 1995 au Festival de Cannes, puis diffusé dans de nombreux festivals et des cinémathèques. Le film rassemble 60 « minutes Lumière » sur les 300 filmées par des enfants et adolescents dans les ateliers, en super 8, à travers la France.
Jeunes lumières, Nathalie Bourgeois et Valérie Loiseleux, 60’, 35 mm, France, 1995, co-production Cinéma, cent ans de jeunesse et Agat Films et cie.

1996

Le dispositif est pérennisé. Dans le cadre du développement de sa jeune action pédagogique, la Cinémathèque française soutient ce projet et assume la coordination du Cinéma, cent ans de jeunesse. De 1996 à 2005, de nombreuses régions en France s'y associent, temporairement où de manière durable.

2005

Le Cinéma, cent ans de jeunesse s'ouvre à l'Europe, avec la participation de l’Espagne : les pays méditerranéens sont bientôt rejoints par des pays d’Europe de l’Ouest, du Nord et enfin d’Europe centrale et orientale.

2010

Le dispositif devient international et se développe en Amérique latine : Brésil, Cuba, Mexique.
Les régions françaises d’outre-mer s’y associent également (Antilles).

2014

La Cinémathèque française, à travers le Cinéma, cent ans de jeunesse, participe à de nouveaux projets européens, qui reçoivent le soutien de Europe Creative (Framework for film education / CinEd / Inside cinéma).

2016

Sur l’ensemble des ateliers, le programme concerne au total près de 3000 élèves, à travers les régions en France et les différents pays. Une 40aine d'ateliers se réunissent chaque année à La Cinémathèque française, qui concernent 1000 élèves, une centaine d’enseignants et de professionnels du cinéma. 

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Structures ayant déjà participé au Cinéma, cent ans de jeunesse :


Allemagne : Deutsche Kinemathek-Museum für Film und Fernsehen et Arsenal-Institut für Film und Videokunst, à Berlin, Université de Brême
Autriche : Österreichisches Filmmuseum, Vienne
Belgique : Service de Culture Cinématographique et Cinémathèque royale de Belgique à Bruxelles
Brésil : Imagens em Movimento (association Raiar) avec la Cinemateca do Museu de Arte Moderna à Rio de Janeiro (MAM-Rio) / Escola Carlitos avec la Cine¬mateca brasileira à São Paulo
Bulgarie : Lycée et Institut français de Sofia
Cuba : Escuela Internacional de Cine y Tv avec la Cinemateca de Cuba (ICAIC)
Espagne : Cinema en curs (association A Bao A Qu) avec la Filmoteca de Catalunya à Barcelone
Finlande : IhmeFilmi ry et la Cinémathèque finlandaise, à Helsinki
Italie : Associazione Il Labirinto – Progetto Educinema, avec la Cineteca Nazionale de Rome ; Cineforum à Teramo/
France : Alsace Champagne Ardenne : Vidéo Les Beaux Jours–Pôle régional d’éducation artistique et de formation au cinéma à Strasbourg, Centre-image de Montbéliard, La Filature à Mulhouse /Aquitaine Limousin Poitou-Charentes : La Coursive-Scène Nationale de la Rochelle /Centre Val de Loire : APCVL (Ciclic) à Château-Renault /Corse : Corsica.Doc et Cinémathèque de Corse /Ile de France : La Cinémathèque française à Paris, Cinémathèque Robert Lynen de la Ville de Paris, Cemea / Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées : Institut Jean Vigo-Cinémathèque euro-régionale à Perpignan, association Docs aux sels à Nîmes, Cinémathèque de Toulouse /Normandie : l’Éden-le Volcan au Havre, Scène nationale Évreux-Louvier, Café des Images, Hérouville-st-Clair /Pays de la Loire : Festival Premiers Plans à Angers /Provence-Alpes Côte d’Azur : Cinéma Jean Renoir à Martigues /Rhône-Alpes : Cinéma Mon Ciné à Saint Martin D’Hères, Le Lux, Scène nationale de Valence, Institut Lumière à Lyon /Guadeloupe : Ciné-Woulé /Martinique : Tropiques Atrium Scène nationale de Martinique
Lituanie : Meno Avilys à Vilnius

Mexique : EduKino avec la Cineteca Nacional de México
Portugal : Association Os Filhos de Lumière avec la Cinemateca Portuguesa-Museu do Cinema à Lisbonne

Royaume-Uni (Angleterre et Écosse) : British Film Institute à Londres et Centre for the Moving Image à Edimbourg.

Atelier

 

Comment participer aux ateliers

La demande de participer au Cinéma, cent ans de jeunesse peut aussi bien émaner d’un enseignant, d’un réalisateur, que d’un responsable d’une structure culturelle (salle de cinéma, association, festival, pôle de ressources, cinémathèque, institut français…). Informations ici.

 

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Questions de cinéma déjà abordées
depuis la création du programme


Tendance Lumière/ tendance Méliès
L’altérité au cinéma
Le hors-champ sonore
Filmer les gestes
L’espace réel ou filmique
Le temps réel ou filmique
La place de l'acteur dans la mise en scène
Le plan
Le montage et le raccord
La lumière
Le rapport figure/fond
Le point de vue
La couleur
Les mouvements de caméra
Montrer/cacher
La part du réel dans la fiction
Mettre en scène
Le plan-séquence
L’intervalle
Le climat
Le jeu

 

Revue de presse

Tournages, portraits d’ateliers, projections du Cinéma, cent ans de jeunesse : échos, revue de presse.

S.Delorme «Les petits cinéastes»
Les Cahiers du cinéma n° 670, septembre 2011.

Revue de Presse - Cahier Cinéma - V3

M.L. Guétin «Le Cinéma cent ans de jeunesse fête sa 20e édition»
Nouvelle revue pédagogique, page 12, septembre 2013.

Revue De Presse NouRevPeda V4

J.Kermabon «Vingt ans de Cent ans de jeunesse»
Bref, n° 112, septembre 2013.

Revue de Presse - Bref - V2.2

et aussi
Breton, Emile (10 juin 2015) «La cinémathèque retrouve
son enfance» l'Humanité.