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Le fonds Jean-Marie Mounier, chef de publicité de cinéma

Hervé Pichard - 16 mai 2012

Jacqueline Mounier-Dana, fille d’un des plus grands chefs de publicité du cinéma français des années cinquante, Jean-Marie Mounier, a confié les archives de son père à la Cinémathèque française.

Jean-Marie Mounier a débuté en 1926 comme directeur du cinéma Madeleine, qui appartenait à l’époque à la Metro-Goldwyn-Mayer, situé sur le boulevard du même nom. C’est dans cette salle que fut projeté Ben-Hur de Fred Niblo pendant plus d’un an sans discontinuer. À partir de 1930 et jusqu’en 1937, il est directeur des services de publicité de la Metro, tout en conservant son poste de directeur du Madeleine. Il reçoit les stars américaines et les présente à la presse française. Il organise de somptueuses avant-premières où sont conviées toutes les célébrités de l’époque. En 1937, il occupe le poste de directeur du service publicité de la RKO en Europe et lance l’année d’après le premier long métrage d’animation de Walt Disney : Blanche-Neige et les sept nains. En 1939, il devient le directeur de la publicité de la toute jeune société Discina, créée par André Paulvé. Il s’occupe brillamment de la promotion de films mythiques comme L’Eternel Retour, Les Visiteurs du Soir, La Belle et la Bête, Orphée, Casque d’Or… Il achèvera sa carrière en travaillant à nouveau pour la MGM et assurera le lancement du Bal des Vampires de Roman Polanski (1967) et de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968).

Jacqueline Mounier-Dana a, entre autres, offert à la Cinémathèque un manuscrit inédit de Jean Cocteau, une partie de la correspondance de Jean Mounier avec la RKO et le festival de Cannes, une amusante lettre datée de 1928 de la préfecture qui se préoccupe « des répercussions que l’extension prise par l’utilisation de films sonores dans les cinémas pourrait avoir au point de vue du chômage des artistes musiciens », mais aussi un fonds de photos faisant la promotion d’acteurs français à Hollywood dans les années 30.

Parmi les documents de travail, les propositions de clichés publicitaires pour la presse de Et Dieu… créa la femme nous rappellent comment le directeur de publicité fit la promotion du film de Roger Vadim en étant le premier à utiliser les initiales emblématiques de Brigitte Bardot. « Pour attirer l’attention et la curiosité des lecteurs, au lieu d’écrire Brigitte Bardot, on l’annoncera par les initiales de son nom B. B. Euphoniquement, B. B. correspond à bébé, ce qui est amusant et correspond à son type de femme », écrit-il.

Jacqueline Mounier-Dana a également offert aussi un cahier de toile noire contenant les procès-verbaux des réunions mensuelles de l’Association des directeurs de publicité de cinéma, entièrement rédigé à la main, un document particulièrement rare qui s’achève en janvier 1940 et intéressera historiens et chercheurs. Jean-Marie Mounier avait été à l’origine de la création de cette association en 1932 et en fut le président.


Hervé Pichard est responsable des acquisitions et chef de projet des restaurations de films à la Cinémathèque française.