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10 grands films dont les enfants sont les héros

Gabrielle Sébire - 5 avril 2017

Gabrielle Sébire, commissaire de l'exposition Mômes & Cie présente son top 10 des films dont les enfants sont les héros. Un top aux quatre coins du monde, sur un siècle de cinéma, comme autant de pistes de séances de cinéma à venir.

Et vous, d'autres propositions ?

The Kid, Charlie Chaplin

The Kid, Charlie Chaplin

Charlie Chaplin. Etats-Unis, 1921

Le Kid, c’est souvent le premier personnage d’enfant vu au cinéma … Que faire d’un bébé trouvé par hasard lorsqu’il est déjà difficile pour soi-même de chercher un travail et de quoi manger ? Tout vagabond qu’il est, Charlot prend soin de ce petit, il l’élève et peu à peu l’éduque aux ruses de la débrouillardise. A deux, ils font alliance face au monde, à deux ils deviennent père et fils. Charlot… décidément, le premier véritable père du cinéma !

La nuit du chasseur

La nuit du chasseur

Charles Laughton. Etats-Unis 1955

Traqués sans répit par un homme maléfique qui veut leur héritage, John et Pearl embarquent dans une effrayante aventure. Pas une image qui ne reste gravée dans l’œil du spectateur : le film forme un écrin d’ombres et de lumières à une terrifiante histoire. Les enfants doivent fuir et leur solidarité fraternelle fait chavirer : John ne se sépare jamais de sa petite sœur dont la naïveté manque pourtant souvent de les perdre. Au terme d’un voyage où seuls la nuit, la lune, les crapauds et les araignées semblent veiller sur eux, le cauchemar prend fin et ils retrouvent enfin la paix.

Fanny et Alexandre

Fanny et Alexandre

Ingmar Bergman. Suède, 1982

Alexandre rêve, il songe aux histoires entendues au théâtre où par la voix de sa grand-mère. Il imagine des fantômes, fait apparaître des images avec sa lanterne magique, sous l’œil de sa sœur Fanny, qui plus jeune, se tient toujours à ses côtés. Peut-être est-ce parce qu’ils sont habités pas tant de récits épiques, tant d’images merveilleuses, de rire et de poésie qu’ils auront la force de résister au malheur et à la brutalité des adultes.

L'argent de poche

L'argent de poche

François Truffaut. France, 1976

Parmi tous les éléments qui font de ce film un manifeste pour l’enfance, retenons la confiance faite au dialogue entre les adultes et les enfants. A l’image de la discussion entre l’instituteur et ses élèves le film est tout entier à l’écoute de la parole des enfants. Il recueille leurs réponses, leurs doutes et leurs silences. Porté par un idéal, il considère que les enfants sont des acteurs du « vivre ensemble » que les sociétés ne devraient jamais ignorer.

L'incompris

L'incompris

Luigi Comencini. Italie, 1966

Film du déchirement, de l’injustice et de l’aveuglement d’un père pour le chagrin qui dévaste son fils, L’Incompris se situe dans un décor italien de rêve, où priment le raffinement des lieux et la politesse des échanges. Quand perce la voix de la mère d’Andrea, revenue d’entre les morts par la grâce d’un magnétophone, le spectateur est sidéré par la puissance du cinéma qui fait revivre la disparue, tout en soulignant cruellement son absence.

Mon voisin Totoro

Mon voisin Totoro

Hayao Miyazaki. Japon, 1988

Ne jamais perdre courage, vivre énergiquement, sourire à l’inconnu, conduit immanquablement Mei et Satsuki, les deux sœurs dont la mère est malade, à la rencontre d’une inimaginable boule géante de poils : l’affectueux Totoro. A ses côtés, les deux petites ne cessent d’écarquiller les yeux aux apparitions merveilleuses… et le temps passe, qui laisse à leur mère un espoir de guérison.

Où est la maison de mon ami ?

Où est la maison de mon ami ?

Abbas Kirostami. Iran, 1987

Mais pour quelle raison Ahmad se retrouve-t-il donc ainsi perdu dans un village voisin du sien, à la nuit tombée, dans la campagne iranienne, lorsque les aboiements des chiens effraient ? Pourquoi s’obstine-t-il ainsi à courir dans le labyrinthe des ruelles, au grès des mauvais conseils, malgré le vent et l’orage qui s’abattent sur lui ? Par solidarité. Par la force du lien à son ami à qui il a pris, par erreur, son cahier de devoirs et par le souhait de contrer la violence du maître qui ne manquera pas de s’abattre le lendemain en punition.

Être et avoir

Être et avoir

Nicolas Philibert. France, 2002

Filmer des écoliers au rythme des saisons et de leurs apprentissages tout au long d’une année. Donner à voir leur concentration, prendre au sérieux leurs tracas quotidiens, leurs petites rivalités et voir surgir leurs grands chagrins. Les regarder rire et pleurer, marcher, courir, jouer dans les hautes herbes au risque de se perdre, entendre leurs inquiétudes, les voir changer, se séparer, quitter l’école… tel est le trajet de ce film qui voit grandir tous ces enfants avec une extrême délicatesse.

Boyhood

Boyhood

Richard Linklater, Etats Unis, 2011

Sur le départ pour la faculté, Mason, voudrait bien laisser quelques babioles de son enfance chez sa mère, qui vit désormais seule. Samantha, sa sœur, est déjà partie, alors non, il faut prendre tout le carton, ne rien laisser, tout emporter. Au fil des micros-événements et des bouleversements d’une vie familiale qui conduit de l’enfance à l’âge adulte, Boyhood filme délicatement ce qui se sédimente dans l’enfance et qu’on emporte avec soi, sur ces liens invisibles qui se tissent et qui continuent d’opérer, bien après.

Le Gamin au vélo

Le Gamin au vélo

Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne. Belgique, 2011

Cyril vit dans un foyer d’adolescents. Sa vie lui semble absurde car son père qui vit et travaille dans la ville voisine, pourrait bien s’occuper de lui. Alors, quand il bouscule et fait tomber une femme rencontrée par hasard, il décide de s’accrocher à elle et de lui confier le soin de ces blessures. A force de pugnacité, il retrouve son vélo et avec une infatigable énergie il fait corps avec lui pour arpenter la ville et la forêt, déjouer les mauvaises tours et se balader enfin le long du fleuve dans la lumière du printemps.


Gabrielle Sébire est directrice adjointe de l'Action culturelle et éducative à la Cinémathèque française, commissaire de l'exposition Mômes & Cie.